Collection été 2026 : le verre bullé

Verre bullé, beautés imparfaites

Un peu de dioxyde de carbone emprisonné entre deux couches de verre. Pfuit, ça bulle. Cet été, on se penche sur le verre bullé, un défaut de fabrication devenu iconique.

En verrerie, des bulles se forment dans le verre quand des impuretés se glissent dans la matière en fusion. La plupart du temps, on n'en veut pas, préférant une transparence uniforme. Mais l'imperfection a son charme et ses aficionados et, au milieu du XXe siècle, certains maîtres verriers ont décidé de glisser volontairement ces bulles dans leurs créations.

Verre bullé Biot

La verrerie de Biot
La grande spécialiste du verre bullé, c'est la verrerie de Biot (on dit « biotte » !) fondée en 1956 dans le village de Biot, entre Cannes et Nice, sur la Côte d'Azur. Son art de la table inspiré des couleurs de la Méditerranée (lavande, tilleul, jaune doré…) est culte. Il paraît que Jackie Kennedy-Onassis était fan de la maison. On aurait même créé pour elle le bleu de Perse, une des couleurs signatures de la verrerie.

Biot n'a cependant pas le monopole de la bulle. Si vous voulez acheter ou chiner du verre bullé, vous pouvez chercher du côté de la verrerie d'art de Soisy-sur-École (Essonne). On peut aussi trouver du verre bullé de la célèbre cristallerie nancéienne Daum, datant souvent des années 1950-1960… Citons aussi la verrerie de Bendor (Var) aujourd'hui disparue ou celle de La Rochère (Haute-Saône).

 

Verre bullé, comment on fait ?
Pour créer des bulles dans la surface du verre, on saupoudre du bicarbonate de soude entre deux couches de verre en fusion. Au contact de la chaleur, le bicarbonate se décompose en dioxyde de carbone, qui forme des bulles dans la matière.

Fabrication du verre bullé
Verre soufflé

Et le verre soufflé, qu'est-ce que c'est ?
Pour souffler du verre, on fait chauffer à très haute température du sable mélangé à d'autres éléments, jusqu'à ce que l'ensemble devienne presque liquide. On prélève ensuite une petite masse de matière en fusion avec une tige d'acier : la canne. On effectue des rotations avec la canne pour obtenir ce qu'on appelle la paraison puis on fait naître la bulle de verre en soufflant dans la canne avant d'affiner, au souffle, pour former la pièce.

Cette technique artisanale s'oppose à celle du verre pressé moulé qui consiste à couler du verre en fusion dans un moule. La matière est ensuite fortement pressée pour épouser parfaitement son relief : on produit plus vite et avec plus de régularité.

La petite astuce pour reconnaître du verre soufflé ? Retournez votre pièce. Si vous y décelez un creux irrégulier, vous voyez certainement la marque du pontil, une tige de fer utilisée pour maintenir la pièce pendant le processus de fabrication. Pas de doute, vous avez entre les mains un objet artisanal, soufflé à la bouche et fabriqué à la main.